Randonnée de Noël à Rennes : Entre Histoire et mosaïque
Vendredi 28 novembre, à midi, 57 millepattes se retrouvent sous la pluie devant l’église de Saint Sylvain pour rejoindre Rennes. Le temps est gris, mais pas la bonne humeur. En attendant le bus, tout le monde s’abrite sous le porche.
La visite du parlement de Bretagne est annulée (toutes les salles étant occupées par des jugements) et remplacée par une balade guidée dans Rennes sur « les pas de la famille mosaïste Odorico ».
Durant le trajet, Evelyne et Marie-France nous rappellent le déroulement de la sortie et présentent également les repères historiques essentiels :
- Rennes, appelée autrefois Condate Riedonum (les lecteurs d’Astérix connaissent bien), au confluent de la Vilaine et de l’Ille.
- L’incendie de 1720, qui détruit une grande partie de la ville.
- L’empreinte majeure laissée par les mosaïstes Odorico.
14h30 : le bus nous dépose au boulevard de la duchesse Anne (Duchesse de Bretagne 1477-1514) . La seule reine de France à être deux fois couronnée.
Pour se rendre à l'office du tourisme, nous traversons le parc Thabor, endormi en ce mois de novembre mais qui invite à revenir à la belle saison. Nos deux guides sympathiques et passionnés par l'histoire de la ville de Rennes dirigent les millepattes séparés en deux groupes.
Place sainte Anne, notre guide nous fait un résumé rapide concernant la ville : La place est le centre historique de Rennes, attesté par des recherches archéologiques effectuées lors de la construction de l'église Saint Aubin, car placée sur la route Nantes St Malo.
- La basilique, de style néogothique, construite fin du XIXe siècle reste inachevée par manque d'argent.
- Le couvent des Jacobins, ancien édifice religieux, devient en 2018 le centre des congrès.
- En tournant la tête, on peut voir une évolution des types de constructions : maisons à pans de bois ou colombages période de la naissance de la ville jusqu'au XVIIIe, des maisons en pierre et des grandes artères rectilignes suite à l'incendie de 1720.
Place de la mairie,
- Décoré des fresques de Camille Godet, le panthéon est inauguré en janvier 2022 par le maire Jean Janvier. Il s’agit d’une salle dans l’hôtel de ville consacrée à la mémoire des morts pour la France originaires de Rennes.
- L’opéra face à l’imposant bâtiment de l’hôtel de ville est une salle à l’italienne bâtie au XIXè siècle
Sur les traces de la famille Odorico
Les deux frères Isidore Odorico (1842-1912) et Vincenzo Odorico (1845-1909) viennent de Sequals, dans la province italienne du Frioul. Ils participent au chantier de l'Opéra Garnier à Paris sous la direction du mosaïste italien réputé Facchina. Ils s'installent ensuite en famille à Tours. En 1882 ils s'associent pour fonder leur propre entreprise à Rennes.
Si les filles de la famille n'ont pas accès à ce métier et à l'entreprise, Isidore aura deux fils Isidore et Vincent qui reprendront l'entreprise après la première guerre mondiale.
La première génération va créer, en artisans, des mosaïques inspirées par l'époque : l'Art Nouveau, se caractérisant par des formes courbes, florales, s'inspirant des dessins japonnais et de nature très à la mode fin XIX début XX ou de l'art antique. Leur méthode — panneaux préformés en atelier, pose inversée — permet une production efficace avec des coûts plus faibles. Ils utilisent des matériaux nobles marbres, tesselles de petits formats, smaltes dorées.
La deuxième génération, en particulier Isidore va étudier aux beaux arts de Rennes. Il sera plus créatif. En ce début de XXe siècle c'est l'art Déco qui est à la mode avec une prise en compte des thèses de l'hygiénisme. Les motifs sont plus géométriques. Les commandes affluent. Pour maîtriser les coûts on utilise des matériaux fabriqués industriellement : tesselles de grands formats, émaux de Briare, pâte de verre, les smaltes dorées.
Après ces explications le guide nous invite à poursuivre la randonnée à la découverte des mosaïques en différenciant celles des pères ou celles du fils Isidor.
Nous ferons un premier arrêt devant le magasin Venon richement décoré de céramique et de motifs floraux avec une statue d'Hermès, dieu du commerce (et des voleurs). Puis plusieurs arrêts devant des magasins pour observer les sols avec des motifs très géométriques cercles colorés (ancien fleuriste et photographe), des façades en mosaique bleues (ancienne pharmacie), des intérieurs avec mosaiques à motifs (ancienne poissonnerie) avant d'arriver au Panthéon à l'entrée de la mairie œuvre de la première génération.
Nous avons traversé la Vilaine et laissé sur notre droite un gros radis (œuvre de nouvelle génération d'artiste) avant d'admirer la façade des anciens bains St Georges et de la maison poirier. Nous visitons la piscine Saint George, passons devant la maison familiale de la famille Odorico, pour terminer notre visite anciennement un garage Peugeot.
En un siècle, la famille Odorico a marqué Rennes : commerces, villas, bâtiments publics portent encore leurs mosaïques, aujourd’hui pleinement intégrées au patrimoine de la ville.
17H40, après avoir déambulé au cœur de la ville 7 kms, Il est temps pour les millepattes de rejoindre le bus et de prendre la route pour une destination inconnue et rejoindre le restaurant. Au bout d'une demi-heure de trajet le bus se gare devant un terrain de football ce qui attise l'interrogation des millepattes ! Nous descendons du bus pour rejoindre à pied le restaurant mystère… où semble-t-il nous allons déguster le plat typique de Rennes « galette-saucisse » !
22h15, après un bon repas de fête et du rose aux joues, nous reprenons la route pour Saint Sylvain avec un autre visage de Rennes, celui que les Odorico ont patiemment incrusté, tesselle après tesselle.
Minuit, arrivée à Saint Sylvain
Merci à chacun chacune pour cet agréable moment de partages et de découvertes et bonne marche vers NOEL.